On ne compte plus les ouvrages sur le management, ensemble de concepts et de théories issus des sciences de gestion visant à organiser et à décrire le fonctionnement des organisations.

Depuis quelques années, de plus en plus de courants de la psychosociologie du travail dénoncent les méfaits de l’emprise managériale sur la vie des individus au travail et on voit apparaître et se développer des phénomènes de souffrance, burn out, stress, parfois très directement liés à des pratiques managériales destructrices.

Dans le même temps et sans qu’il y ait un lien apparent, on a vu aussi se développer des courants prônant la quête du bonheur, telle une injonction, décrétée pour conjurer sans doute le mal-être des individus dans une société fondée sur la compétition, l’individualisme et le progrès matériel.

On ne peut s’empêcher alors de se dire que la quête du bonheur, dans son approche philosophique, « amour de la sagesse » au sens étymologique, est peut-être la voie pour un nouveau management, fondé non pas sur des outils, tableaux de bord, mesure, évaluation, mais sur le sens de la vie tout simplement.

Pour cela, je vous invite à lire le dernier livre de Frédéric LENOIR « du bonheur, un voyage philosophique », qui propose d’aborder la question de la quête du bonheur à travers la pensée philosophique, des penseurs antiques (Aristote, Epicure), à ceux des courants occidentaux (Montaigne, Spinoza, Schopenhauer..) et orientaux (le Boudha, Tchouang-tseu).

Lire ce livre à travers le prisme du management est déjà en soi un bonheur !

Plaisir et sens

On y apprend que le bonheur implique 2 facteurs : plaisir et sens ; appliqué au management humaniste, qui place l’être humain au centre de l’organisation du travail, cela implique que le rôle des managers et bien de permettre à leurs collaborateurs de trouver du plaisir dans leur travail et d’y donner un sens, une utilité ; cela se traduit pas des objectifs, une vision, une priorisation des tâches.

Discernement, vérité, honnêteté

Le bonheur c’est également savoir discerner ce qui est bon pour soi, cela implique une quête de vérité, d’honnêteté que l’on retrouve appliqué au management dans des valeurs telles que la transparence, la responsabilité, mais aussi la connaissance de soi, de sa nature profonde, l’écoute et l’attention à soi et aux autres.

« Il ne suffit pas d’être heureux, encore faut-il que les autres ne le soient pas », Jules RENARD

La frénésie de la compétition, de la comparaison des individus entre eux, créent de la frustration et empêchent d’accéder au sentiment de satisfaction, qui est indispensable pour être heureux. Eh bien il en est de même dans le management ! nous ne pouvons plus conduire nos organisations avec cette quête insensée de la compétition des individus entre eux, que l’on retrouve avec l’évaluation individuelle de la performance, une des causes de mal-être au travail.

Confiance, optimisme, incertitudes, lâcher prise

Pur être heureux, il faut être confiant ! voir dans une situation difficile des opportunités et non des risques ; il faut accepter l’incertitude comme une donnée de notre existence, accepter que les situations sont parfois le fruit du hasard et de la chance, mais qu’une attention particulière à l’ici et maintenant nous permettra d’en tirer tous les bénéfices. C’est pour cela qu’il est essentiel de créer et d’entretenir un climat de confiance au sein des équipes, pour créer une nouvelle forme de performance ; cela suppose un travail sur nos croyances et nos représentations et une approche délibérément optimiste ! cela implique aussi le lâcher prise et d’accepter qu’il est impossible de tout contrôler, ainsi on est plus heureux et plus performant !!

Altruisme, altérité, mise à l’écart de l’égo

Enfin, il n’y a pas de bonheur sans altruisme ! c’est parce que nous donnons et que nous recevons que nous reconnaissons l’altérité, la singularité de l’autre, la recherche de son amour et de ce que nous appelons en management la reconnaissance, dont on parle beaucoup et qui doit être dans l’être et non dans l’avoir ! la reconnaissance pécuniaire conduit très vite à ce que les chercheurs en économie du bonheur appellent l’habituation qui amplifie le désir, crée de la frustration et du mal-être. Ces éléments plaident pour le développement de nouvelles formes de reconnaissance au travail, fondées sur la reconnaissance de l’autre, de ce qu’il a de spécifique et qui fait qu’il est unique, car le bonheur c’est aussi d’accéder au processus d’individuation, à ne pas confondre avec l’individualisme qui s’est développé ces dernières années !

On le voit, cette approche de la philosophie du bonheur constitue les fondements et l’ancrage de nouvelles pratiques managériales humanistes, parfaitement adaptées au monde d’aujourd’hui, complexe, incertain, dans lequel la reconnaissance individuelle et collective est indispensable pour redonner confiance et pourquoi pas accéder à ce que Frédéric LENOIR définit comme étant le bonheur « la conscience d’un état de satisfaction global et durable dans une existence signifiante fondée sur la vérité ».

Pour en savoir plus, découvrez le livre de Frédéric LENOIR « Du bonheur, un voyage philosophique » et regardez l’entretien qu’il a accordé au magazine CLES sur cette question.

Vous y trouverez des réponses pour de nouvelles pratiques managériales qui vous rendront plus heureux !

Share.

Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.