L’ADT INET est intervenue le 2 juillet dernier sur ce thème dans le cadre d’un webinaire de la plateforme Ideal CO à travers 3 intervenants de choix : Bruno Paulmier, Président, DGS de la Ville de Niort ; Véronique Balbo Bonneval, Vice-présidente et DGS de CY Cergy Paris Université, et Yann Le Bolloch vice-président et DGA Ressources de la Ville d’Aix en Provence. Ils ont fait part avec recul des enseignements qu’ils ont tirés  de cette crise.

Parmi les thèmes clés abordés, figure le fait de rendre justice à l’activité ordinaire.

Véronique Balbo-Bonneval a mis en lumière  « Les  invisibles », gardiens de notre vie courante dans le cadre des politiques publiques de proximité. Ils ont été pour un temps mis à l’honneur, enfin considérés, animés par une fierté professionnelle. Reste à nous, managers, à rééquilibrer l’attention portée aux activités ordinaires au regard des projets de fonds.

Les considérer, c’est leur faire confiance et compter sur leur capacité d’auto organisation.

Les considérer, c’est peut-être également repenser nos représentations mentales et cesser de rigidifier des processus de décision  dans des hiérarchies parfois obsolètes et invalidantes. Pour cela, le manager accompagne, fait confiance a priori, constate que l’abaissement du niveau de contrôle n’entame en rien l’investissement des collaborateurs voire génère plus d’efficacité grâce à de la créativité et de l’engagement.  Le  sens donné à l’action est mobilisateur et preuve à l’appui, l’adaptation à la crise a été d’autant plus efficace que les collectifs de travail étaient forts et soudés.

A charge désormais pour les managers de revisiter leurs actions à travers un prisme de développement durable, porteur de sens et d’un sentiment de protection du bien commun. Une belle manière d’aligner ses valeurs et les enjeux professionnels.

Second thème : transcender le monde des compétences ordinaires !

Yann le Bolloch a avec fierté mis en avant le rôle de la commune : elle a été l’échelon de proximité, sollicitée pour tout et rien, pour rassurer, orienter, intervenir même bien au-delà de son champ de compétences. Citoyens, monde économique, acteurs de la vie civile ont convergé vers elle. La commune s’est adaptée, a mobilisé les parties prenantes, dans une même volonté politique de faire face et d’apporter une aide. Les modes opératoires se sont trouvés simplifiés, les décisions ont cheminé en mode « circuit court », ajustés aux problématiques du terrain. Les cadres ont fait preuve de réactivité, au plus près des besoins du territoire et se sont appuyés sur les réseaux professionnels (ADT INET bien sûr( !), AATF, SNDGCT, AITF, association Andco, …) pour confronter les pratiques et s’inspirer mutuellement. Voire se rassurer !

Reste à conserver cette trajectoire et peut-être rebalayer les dispositifs reconduits chaque année sans forcément d’études d’impact à la clé et de réflexion de fond sur les besoins . Pourra-t-on pérenniser toute cette valeur ajoutée dans les modes d’exercice de nos missions de service public  dans l’après-crise ? Saura-t-on tirer les enseignements ? Il nous appartient en tant que dirigeant territorial de garder le cap…

Troisième thème : la transition écologique

Bruno Paulmier nous alerte : le COVID n’est-t-il pas un crash test, un avant-goût d’effondrement ? La perte de repères induite par la crise, tant dans la vie quotidienne que dans le domaine économique, nous amène à quelques réflexions quasi philosophiques  sur les liens que nous entretenons avec notre environnement.

Premier lien : l’environnement et la santé. Les virus sont parmi nous , via les zoonoses.  Sans compter des libérations à venir au sein d’un permafrost qui se réchauffe progressivement. Cela nous amène à repenser notre rapport à la nature, conçu jusqu’alors dans un rapport de domination par l’homme et qu’il convient urgemment de rééquilibrer dans une approche systémique de recherche d’harmonie au sein d’un écosystème.

Second lien : l’activité humaine et la biodiversité.  Lors de la crise, les animaux ont réinvesti les villes, les GES ont diminué du fait d’une baisse de la pollution…Faisons en sorte de produire dans le respect de notre environnement.

Notre intervenant nous a ensuite interpellés sur les effets induits par la crise à travers plusieurs items :

  • Une dimension psycho-sociologique : on a pu constater une inflation médiatique sur tout type de supports avec de nombreuses contributions d’experts dans tous les domaines des sciences dures aux sciences humaines
  • L’action publique est devenue valeur refuge. Pour preuve les annonces de nationalisations, le positionnement des banques centrales pour soutenir les Etats et les économies nationales.
  • Inégalités et solidarités sont devenues un thème récurrent et incarnés par des pratiques citoyennes emblématiques
  • Enfin, s’expérimentent les boucles de rétroaction avec des effets d’emballements sur certaines filières telles que l’aérien, euphorique il y a encore quelques mois, en désespérance sur plusieurs années désormais.

Reste que s’il y a désormais une quasi-certitude sur la survenance récurrentes de risques, il y a beaucoup d’espoir sur la capacité d’adaptation de nos sociétés et de tous les acteurs de l’ »économie de la vie » : le temps de la crise, les frontières se sont effacées pour l’exercice des missions de service public et de sauvetage sanitaire des populations. Une armée citoyenne s’est levée pour fabriquer des masques et rendre service dans l’esprit d’une belle société du « care », les édiles locaux ont pris avec le gouvernement leurs responsabilités pour œuvrer pour le bien commun… Gageons que nous saurons collectivement capitaliser ces prises de conscience….

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