Difficile de trouver les mots justes pour décrire ce que nous avons ressenti à l’annonce de l’effroyable assassinat dont notre collègue Pascal FILOE, Directeur Général Adjoint des Services de la Ville de Rodez, en charge notamment de la Police Municipale, a été victime dans l’exercice de ses fonctions.

L’enquête viendra préciser les circonstances de cet assassinat, mais cela ne doit pas empêcher toute la famille des agents territoriaux d’exprimer leur effroi, mais aussi leurs condoléances à l’attention des proches de ce dirigeant territorial et au-delà à tous les agents municipaux de Rodez.

La violence de cet acte perpétré semble-t-il par un individu bien connu de la police et qui avait déjà menacé à plusieurs reprises des représentants élus et fonctionnaires de cette commune, parce qu’on lui refusait la délivrance d’un permis de détention de chiens classés dans la catégorie des chiens dangereux, tout cela nous renvoie nécessairement à des situations que nous connaissons malheureusement trop souvent dans nos collectivités.

Nous sommes des milliers à exercer nos métiers avec dévouement et passion, au service de nos concitoyens et de l’intérêt général, en grande proximité avec la population, que ce soit dans les missions de sécurité, mais pas seulement, un agent d’accueil d’une mairie, une assistante sociale d’un Conseil départemental, un animateur dans une école, un agent présent sur la voirie….on pourrait ainsi multiplier les fonctions qui exposent directement les agents territoriaux au contact des citoyens, pour le meilleur, mais aussi parfois pour le pire !

Nul ne peut contester la déliquescence des relations entre les agents en contact avec la population et une partie de la population, excédée par les incivilités, en souffrance face à des situations de la vie quotidienne qu’ils ne parviennent plus à surmonter, chômage, précarité, problèmes de logements, difficultés de voisinage….la disparition des instances de régulation des conflits à l’échelle d’un territoire, commune, département, intercommunalité crée de l’incompréhension qui peut se transformer en retrait, mais également en colère et en violence, même la plus extrême, la plus inacceptable !

Les statistiques sur les demandes de protection fonctionnelle, dont les agents de la fonction publique peuvent bénéficier lorsqu’ils subissent des agressions dans l’exercice de leurs missions, sont là pour témoigner d’une augmentation des tensions entre la population et les fonctionnaires au contact du public.

Dans un contexte national institutionnel et médiatique qui peut avoir la tentation de désigner la fonction publique territoriale comme bouc émissaire des difficultés rencontrées par une partie de la population et qui sont bien réelles, il devient urgent de nous mobiliser pour rejeter et dénoncer ces pratiques.

Bien au contraire, plutôt que d’affaiblir les agents territoriaux, il faut les conforter dans leurs missions de protection de la population, en commençant par les plus vulnérables, les protéger contre la violence quand elle surgit, c’est le rôle des forces de police municipale aux côtés des fonctionnaires de l’Etat, mais c’est aussi le rôle de tout agent en contact avec la population de prendre le temps d’écouter, d’orienter de manière à délivrer un service public de proximité efficace. Cela demande de l’engagement de la part des agents mais aussi, et cela va de pair, du respect pour leurs métiers.

Nous sommes fiers de nos métiers, de notre engagement auprès du public, nous œuvrons pour la grande majorité d’entre nous, à accompagner les transformations de la société, par exemple en favorisant l’inclusion numérique, un grand défi sociétal, en mobilisant également les cadres territoriaux, vers des pratiques managériales empreintes de bienveillance, car soutenir la population, cela commence par soutenir les agents dans leurs quotidien de travail.

Ce drame doit nous rappeler tout cela, avec détermination et humilité.

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