« L’entreprise du 21è siècle sera politique ou ne sera pas ».Tel est le titre du récent ouvrage de Pascal DEMURGER, Directeur Général de la MAIF.  Difficile de faire une synthèse d’un ouvrage aussi limpide et percutant.

Le constat est net et précis : notre monde est à bout de souffle. Le capitalisme est miné par la financiarisation, la mondialisation et la révolution digitale transforment les process de production, le comportement des consommateurs et fait émerger des entreprises dont la puissance de feu dépasse le PIB de certains états. Le tout sur fond de dégradation des ressources planétaires et de creusement des écarts de richesse entre les « quelques » plus riches et une très grosse partie de la population.

Sans tomber dans les thèses les plus noires qu’incarnent aujourd’hui les tenants de la « collapsologie », l’auteur nous livre une analyse équilibrée. Ne fustigeons pas le progrès technologique qui a fait reculer la pauvreté et la faim dans le monde même si beaucoup reste à faire. Mais le réchauffement climatique, les phénomènes migratoires, les fractures sociales sont autant d’urgences auxquelles nous sommes confrontés. Pour y faire face, les grandes organisations internationales peinent à trouver des consensus efficaces. La voie proposée est donc celle de l’entreprise.

A la faveur de  la loi PACTE et de la possibilité de créer des entreprises à mission, la MAIF s’est engagée dans cette voie. En partant du principe que par les actes sur le terrain de nouveaux comportements vont émerger. Il est certes possible de multiplier des chartes de bonne conduite à seule visée communicante. Mais l’important c’est l’ancrage, au plus profond des acteurs, des valeurs qui fondent le projet d’entreprise.

L’entreprise sera politique en ce sens qu’elle veillera, sans renier la nécessité d’un  profit, à agir en responsabilité.  En faisant en sorte d’intégrer la protection de l’environnement dans ses process, de manager par la confiance et la bienveillance ses équipes, d’apporter un conseil adapté et respectueux au client et d’intégrer sans ses stratégies de développement les parties prenantes sur le territoire. Cette « raison d’être » trouve écho dans les recrutements car la quête de sens et d’éthique est gage d’attractivité et de fidélisation. L’important, c’est la sincérité, l’audace et la prise en compte de l’autre.

Non seulement Pascal DEMURGER a su avec humilité attester que cette transformation de l’entreprise ne pouvait être conduite sans une posture adaptée du leader nécessitant parfois de profondes remises en cause personnelles.  Il a sû prouver qu’au-delà de la prise de conscience il est possible d’avoir le courage d’agir. Une très belle leçon dont toute organisation devrait se saisir. Pascal DEMURGER en plus d’être visionnaire est une référence en la matière. Un véritable « servant leader ».

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Et une encore plus récente ICI

 

 

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