Je préciserai, cahier du retour d’un cadre territorial qui s’est aventuré, avec quelques autres, toute la journée du 25 novembre sur le Campus de l’ESSEC, pour participer à un événement réunissant 1500 participants sur la thématique de l’innovation managériale.

Le Campus de l’Innovation Managériale était organisé par l’Institut de Socio Dynamique (ISD), une association qui a pour ambition de faire connaître et de développer les apports en management de la socio dynamique, développée par son fondateur Jean-Christophe FAUVET, il y a plus de 40 ans et fondée sur la dynamique de l’action. Sa devise « si vous n’aimez pas les hommes, faites gardien de phare ».

Ce fut une journée marathon qui a commencé par la visite du village entièrement dédié aux pratiques d’innovation managériale et animé par des partenaires, ayant développé ces méthodes et qui accompagnent des entreprises, pas de collectivités territoriales à l’horizon, même si de nombreux Cabinets de consultants intervenant dans nos organisations utilisent ces méthodes très utiles pour comprendre les jeux d’acteurs, les dynamiques d’engagement ou au contraire de résistance, les niveaux de synergie et d’antagonisme des organisations, pour mieux dessiner la carte des partenaires.

Après un atelier expérientiel de socio dynamique, direction la conférence très attendue de Laurent BIBARD, Professeur à l’ESSEC, philosophe, Directeur de la Chaire de la Complexité Edgar MORIN. Son intervention s’intitulait  « complexité et simplicité ».

Difficile de résumer une heure d’intervention de Laurent BIBARD, qui commence son propos par raconter l’incroyable exploit du pilote d’avion qui a réussi l’amerrissage de son appareil sur l’Hudson, histoire très bien décrite dans le film « Sully » du nom du pilote. Un film à voir !

Cette expérience synthétise à la fois toute la complexité d’une situation, que l’on ne peut pas anticiper, qui ne s’est jamais produite, inimaginable et en même temps la nécessité face à l’incertitude, de rester dans la simplicité, c’est-à-dire de garder une forme de contrôle, de cohérence et de visibilité. Pour agir en milieu incertain, il faut un cadre, des jalons, de l’expérience et aussi être prêts à l’inattendu.

Et Laurent BIBARD de conclure que l’enjeu pour le management c’est d’arriver à tenir en tension à la fois le désir de simplicité et la nécessaire acceptation de la complexité et de l’incertitude.

Direction ensuite un atelier sur la Mindfulness (Méditation de Plein Conscience) en entreprise, l’occasion de se familiariser encore un peu plus sur l’impact des bienfaits de ces techniques d’attention à l’instant présent sur l’efficacité professionnelle et la santé au travail.

Détour ensuite par une conférence réjouissante avec des professionnels québécois fondateurs des Groupes de Codéveloppement professionnel et managérial, Claude CHAMPAGNE et Michel DESJARDINS, l’occasion de participer à un exercice en direct et de mesurer la pertinence de ces techniques pour accompagner les managers dans la résolution de situations parfois difficiles, dans une attitude d’écoute bienveillante.

Et pour terminer une journée particulièrement riche et dense, une conférence du Directeur Général de la MAIF, Pascal DEMURGER, qui mène actuellement  un projet de transformation de « cette assureur militant sans capital ni actionnaire », fondé à la fois sur la révolution digitale et le management par la confiance. On comprend en écoutant Pascal DEMURGER, que ce projet est essentiel pour une entreprise qui agit sur un secteur très concurrentiel, impacté par des évolutions de société irréversibles et qui doit donc à la fois conserver son identité et se transformer pour s’adapter à ses défis, pour ne pas disparaître.

Une journée particulièrement riche qui conforte l’intérêt que nous devons avoir à explorer tous les champs des possibles à la fois conceptuels et managériaux pour transformer nos organisations territoriales, sans abandonner nos spécificités, bien au contraire, même si pour cela il faut être prêts à faire des détours inattendus !

 

 

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